Les Amis du Patrimoine de Cerisé

5 décembre 2012 Les cloches de Notre-Dame de Paris.

 

 

 

 

 

Le 23 mars 2013, les cloches de Notre-Dame de Paris sonneront à toute volée pour la solennité des Rameaux. On entendra pour la première fois un ensemble composé de huit nouvelles cloches pour la tour nord et d’un nouveau bourdon pour la tour sud, ensemble qui sera présenté au public et béni le samedi 2 février 2013.

 

 

Chers lecteurs, vous pouvez écouter la reconstitution de la sonnerie des tours de la cathédrale à la fin du XVIIIe siècle telle qu’elle sera rétablie avec ce nouvel ensemble campanaire, ainsi que découvrir  l’historique de la sonnerie de Notre-Dame de Paris et le déroulement de cette magnifique réalisation,  vouée au jubilé des 850 ans de la plus célèbre des cathédrales françaises, ICI . 

Seul le bourdon Marie a été réalisé par la fonderie hollandaise Royal Eijsbouts, à Asten. Les huit cloches de la tour nord sont l’œuvre de la fonderie Cornille-Havard, à Villedieu-les-poêles, dans la Manche, discrète petite ville et néanmoins l’un des plus beaux fleurons de l’artisanat français, riche d’une longue histoire. Notre pays  abrite toujours ce merveilleux art campanaire, un art qui a traversé les siècles, grâce à trois  fonderies, Cornille-Havard, Paccard en Haute-Savoie et Bollée à Orléans, les seules de l’Hexagone. Portant au plus haut niveau l’exigence de qualité, riches d’un savoir-faire issu d’une tradition multiséculaire, ces trois entreprises exportent leurs créations dans le monde entier.

Vous pouvez visiter le site de la fonderie Cornille-Havard Ici, celui de la fonderie Paccard  .

Fondée en 1715, la fonderie Bollée est la plus ancienne. Sise à l’origine à Annecy-le-vieux où elle fut fondée en 1796, la fonderie Paccard  s’est installée en 1989 dans des bâtiments modernes à Sévrier, au bord du lac d’Annecy. C’est elle qui a fondu La Savoyarde, l’une des cloches de l’église du Sacré Cœur de Paris. La plus récente,,la fonderie Cornille-Havard  est née en 1865  mais n’a jamais quitté son atelier d’origine à Villedieu-les-Poêles. Rien n’a changé depuis le XIXe siècle dans cet atelier où le visiteur peut découvrir, en ce moment, les différentes étapes de la fabrication des cloches de Notre-Dame. C’est un travail d’extrême précision afin d’obtenir la sonorité souhaitée. Les décors sont réalisés en relief sur un moule puis le métal en fusion y est introduit, prenant la forme exacte de la cloche. Chaque cloche reçoit un prénom qui rend hommage à des grands saints et des personnalités ayant marqué la vie du diocèse de Paris et de l’Église.

 

 

Les cloches Marcel et Étienne ont été coulées le 3 août, Denis, Maurice et Jean-Marie, le 13 septembre 2012. La coulée demande une grande attention et un immense savoir-faire. Pour celle du 13 septembre, de 8 tonnes 500, il a fallu allumer  à 4h15 le four réverbère du XIXe siècle, puis le chauffer pendant huit heures pour une coulée à 12h15.

 

Un mois plus tard, le 13 octobre, j’ai vu ceci :

 

 

 - Moule dans la fosse, en attente de la coulée.

 

      

 

 

- Denis (en l’honneur de saint Denis, 1er évêque de Paris vers 250 et patron du diocèse), cloche de Notre-Dame en attente du polissage.

      

 

 

Etienne  (en l’honneur de saint Etienne, 1er martyr, mais aussi nom de la basilique érigée à partir de 690 à l’emplacement actuel de la cathédrale), dans la cour de la fonderie, prête à … s’envoler vers Notre-Dame !

  

  

 

 

    

 

  

 

 - Inscription latine sur Etienne : Via viatores quaerit. La voie appelle les voyageurs.

 

   

 

 

 

      

  

La cloche est un instrument de musique ; un ensemble comme celui de Notre-Dame crée un paysage sonore. Tout l’art campanaire consiste à trouver la note juste,  chaque cloche ayant la sienne ;  d’ailleurs, dans la cour de la fonderie Cornille-Havard, chacun peut s’exercer sur un carillon mis à la disposition des visiteurs. 

 

 

Si  elle se prête à des usages profanes, c’est avant tout un instrument de musique sacrée qui occupe une place irremplaçable dans la liturgie catholique. Elle est, selon le mot de Charles Péguy,  « la voix de Dieu ». Via viatores quaerit, vox viatores quaerit : elle appelle les voyageurs que nous sommes sur cette terre au recueillement, à la prière, à l’allégresse des grandes fêtes liturgiques, Noël, Les Rameaux, Pâques, la Pentecôte… Elle se tait pendant la Semaine Sainte puis sonne à toute volée le jour de Pâques : qui n’éprouve alors, qu’il soit croyant, agnostique ou athée, un élan d’espérance ? La musique des cloches exprime aussi les émotions et sentiments des  évènements familiaux, le mariage, le baptême, le décès, ou des grands évènements collectifs telle la libération de Paris, en 1944.

Dans l’ancien monde rural qui avait un sens du sacré que nous avons perdu, la cloche rythmait les journées des paysans comme le rappelle Bernard Lacroix dans ses Notes sur la vie d’autrefois en Chablais :

«  Ponctuée par la sonnerie de l’Angélus, la journée se déroulait selon un rite immuable, je l’appellerais : la liturgie du quotidien.

La foi était intimement mêlée à la vie quotidienne. [ …] Aux champs, les hommes se découvraient quand sonnait l’Angélus ».

Aujourd’hui, notre vie est rythmée par d’autres sonneries, les bip-bip sans âme produits par la technologie, des bruits exaspérants, des musiques vulgaires envahissantes. Il n’empêche… Une part de l’ancien monde perdure, résiste, quelque chose d’éternel. Les nouvelles cloches de Notre-Dame, pour son 850e anniversaire, témoignent que si les civilisations sont mortelles, il reste toujours quelque chose d’elle, un souffle et une flamme qui ne se sont jamais éteints, prémices d’une renaissance. Que serait Notre-Dame de Paris sans ses cloches, que serait Paris sans Notre-Dame ? Une coquille vide, un squelette. 

 

Élisabeth Bart

 

Cet article a paru une première fois sur le site : 

 http://amisdelacollectionbernardlacroix.hautetfort.com

 

Liens :

  Notes sur la vie d’autrefois en Chablais : http://users.skynet.be/fdde/musee/lavisite.html

 

Jeudi 31 janvier 2013   

 

Ce jeudi après-midi, les neuf cloches géantes nées dans la fonderie Cornille Havard de Villedieu-les-Pôëles, ont été acheminées jusqu'à leur destination finale à bord de deux camions grues. Elles avaient quitté la Manche ce jeudi matin.
 
Monseigneur Patrick Jacquin, recteur de Notre-Dame, a escorté les cloches à bord d'un bus à impériale. 
Tout au long de leur parcours parisien, les cloches ont été saluées par des centaines de passants, les anciennes cloches de Notre-Dame sonnant à toute volée.
Le projet entre dans le cadre du 850e anniversaire en 2013 de la pose de la première pierre de la cathédrale.

 

         

 © Jacques Demarthon, AFP Les cloches de Villedieu sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris.

 

          Les cloches de Notre-Dame de Paris

                   par Elisabeth BART

 

Le 23 mars 2013, les cloches de Notre-Dame de Paris sonneront à toute volée pour la solennité des Rameaux. On entendra pour la première fois un ensemble composé de huit nouvelles cloches pour la tour nord et d’un nouveau bourdon pour la tour sud, ensemble qui sera présenté au public et béni le samedi 2 février 2013.

 

    
     

 

 



03/12/2012
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