Les Amis du Patrimoine de Cerisé

Mystère au clocher... une ou deux cloches?

Un article de Monsieur Jacques Paganet , Ceriséen, passionné par l'histoire de son village! Voici ce qu'il écrit:

Escalade en haut du clocher pour découvrir la cloche...

Lors de la réunion des Amis du Patrimoine de Cerisé, à la mairie le vendredi 11 janvier 2002, Monsieur Jean-Nicolas BART et Moi-même, nous décidâmes d'aller étudier la cloche de l'église.

La visite a eu lieu le samedi 10 mai 2002. La montée fut très acrobatique, avec des échelles qui enchanteraient plus des antiquaires collectionneurs qu'elles ne nous ont rendu service!...

Arrivés en haut du clocher nous découvrons une magnifique cloche d'un diamètre de 60 cm et d'une hauteur de 50 cm, que les oiseaux avaient estampillés de leurs nombreuses déjections.

Après une étude approfondie de la charpente du clocher nous avons découvert avec surprise qu'à côté de la cloche actuelle, se trouve l'emplacement d'une autre cloche de taille similaire.

Tout le système de suspension identique à celui de la cloche actuelle existe encore (même le coussinet en fer) et a servi comme le montre la photo ci-dessous.

2- Entaille pour la descente de l'axe; 3- Emplacement du coussinet en fer.

Après étude dans le peu d'archives que l'on possède, nous avons en effet découvert dans le fascicule "les communes rurales de l'arrondissement d'Alençon" de novembre 1901, pages 5 et 6, qu'une cloche a été bénite le 2 septembre 1712 et qu'une deuxième cloche, l'actuelle, a été bénite en 1758 (date gravée dans le métal).

Nous pouvons donc affirmer que le clocher de l'église de Cerisé avait bien deux cloches au milieu du XVIIIème siècle et que vraisemblablement la première a disparue lors de la révolution française.

 La cloche actuelle et son système de mise en branle.

La triste histoire de la deuxième cloche... sous la révolution!

1791: la tempête révolutionnaire est déchaînée! La "Constituante" poursuit ses réformes.

A court de cuivre pour battre monnaie et plus tard pour couler les bouches à feu des canons, voilà que la République s'attaque aux cloches des églises!

En juillet 1793, La Nation décrète de nouveau un besoin urgent du précieux métal des cloches encore en service.Les églises devront se contenter d'une seule cloche pour leurs sonneries. Malgré les insistances des paroissiens le décret est mis à exécution.

C'est ainsi que Cerisé aurait perdu sa deuxième cloche...

 

Origine de la cloche sauvée de la fonte!

La cloche actuellement en haut du clocher de Cerisé est richement décorée d'armoiries.

Ces armoiries sont celles de Charles François Frédéric de Montmorency, duc de Pinei-Luxembourg et de Beaufort-Montmorency, prince d'Aigremont et de Tingry, marquis de Lonrai. La présence des armoiries du marquis de Lonrai est historiquement justifiée. En effet, en 1491, Gilles Jehan, seigneur de Cerisé, vendit sa terre de Cerisé à Jacques de Silly, écuyer, seigneur de Lonrai. Le fief de Cerisé se trouva ainsi incorporé à la seigneurerie de Lonrai, érigée en maquisat en 1644. En 1724, Charles François Frédéric de Montmorency épousa Marie Sophie Emilie Honorable Colbert et devint, grâce à cette alliance, marquis de Lonrai. Bien que le bénéfice-cure de Cerisé appartînt à l'abbaye de Saint Martin de Sées, qui exerçait donc le droit de patronage et de présentation de la cure, il semble que le duc de Montmorency-Luxembourg, marquis de lonrai, en sa qualité de seigneur de Cerisé, ait possédé un droit de patronage honorifique en l'église de Cerisé. C'est vraisemblablement en raison de ce droit que ses armoiries furent placées sur la nouvelle cloche de l'église de Cerisé.

L'acte de baptême et de bénédiction de cette "grosse cloche" se trouve dans les registres paroissiaux de Saint-Germain de Cerisé à la date du 23 juin 1758. Il est ainsi rédigé: "Le vendredy vingt-troisième de juin 1758, la grosse cloche a été bénie par nous et nommée Marie par Grégoire Marchand et Marie Lévêque, sa femme." Suivent les signatures de Grégoire Marchand, de Marie Levêque et de Dumoulin, curé de "Cerisey"

D'après les recherches effectuées par Monsieur Jean-Pascal FOUCHER Directeur des Archives départementales de l'Orne. Courrier du 19 mai 2003 adressé à Monsieur Jacques Paganet.

                            

                                                A - La Vierge et l'enfant

                               

                                                 B - Le Christ en croix      

    

C - Armoiries de Charles François Frédéric de Montmorency, duc de Pinei-Luxembourg et de Beaufort-Montmorency, prince d'Aigremont et de Tingry, marquis de Lonrai.

Photos: Jacques Paganet

  



03/04/2009
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